Premier message concernant le basket universitaire pour vous parler des Cardinals de Louisville et plus précisément de leur coach mythique Rick Pitino.

L'ancien coach de Boston University, Providence et Kentucky mérite toute notre attention puisque son équipe, en battant Marshall (85-75) la semaine dernière, lui a offert sa 500ème victoire en NCAA. Il devient le 126ème coach de l'histoire à franchir ce cap, mais surtout le 6ème à le faire aussi rapidement.
Or il faut savoir qu'il a aussi passé 8 ans à coacher en NBA, aux Knicks d'abord, en qualité d'assistant de 1983 à 85, puis en tant que head coach de 87 à 89, avant de retenter sa chance dans la grande ligue du côté des Celtics de 97 à 01 où il drafta notamment Jérome Moïso. Sans cette longue parenthèse, moins glorieuse du point de vue des résultats, on peut penser qu'il ne serait pas loin de la barre des 700 victoires.
Je tenais particulièrement à parler de lui car ce coach m'évoque mes premiers souvenirs de basket universitaire. En effet si j'ai commencé à suivre le basket à la fin des 1980's, et la NBA à partir de 1990-91, ce n'est que vers 1996 que je me suis réellement plongé dans le grand bain universitaire.

A l'époque Pitino coachait l'université de Kentucky qui éblouissait le championnat. L'équipe de 96 qui remporta le titre est d'ailleurs considérée comme une des meilleures de l'histoire, à l'instar des Bruins de UCLA de 68 ou 72, des Duke Blue Devils de 92 ou des Indiana Hoosiers de 76. Dans une équipe qui regorgeait de talents ( Antoine Walker, Tony Delk, Walter McCarty, Derek Anderson, Ron Mercer et Mark Pope notamment), Pitino avait su faire parler ses talents de psychologue pour gérer tant d'égos et faire accepter un temps de jeu réduit à des futurs joueurs NBA.
L'année suivante, alors que l'équipe avait perdu Walker, Delk, McCarty et Pope, tous draftés, Pitino réussissait l'exploit de rejouer le Final Four, parvenant même en finale. J'en garde un grand souvenir car pour la 1ère fois, j'allais suivre en direct, grâce à Canal+, le Final 4 de la March Madness. Pitino faisait pratiquer à ses troupes une presse tout terrain systématique qui engendrait une cadence infernale à leurs matches tout en provoquant de multiples pertes de balles chez leurs adversaires. Le système n'aboutit cependant pas à un second titre puisque les wildcats furent battus par d'autres chats sauvages, ceux d'Arizona emmenés par Miles Simon, le MOP (meilleur joueur du final four) et par Mike Bibby, le futur meneur des Grizzlies et surtout des Kings.
Enfin au-delà de l'aspect personnel, je tenais à saluer un des coachs mythiques, puisqu'il est tout simplement le seul de l'histoire à avoir conduit 3 équipes différentes à un Final 4 (Providence, Kentucky et Louisville). Cette année les Cardinals étaient annoncés parmi les outsiders pour le titre mais ont déçu les observateurs. Avec un bilan médiocre de 8V-3D, ils sont sortis du top25 des meilleures teams NCAA, mais avec Pitino à la baguette, il serait imprudent d'enterrer cette équipe.

