Badalone a remporté hier la finale de la coupe Uleb (la 2ème coupe d'europe après l'Euroleague) en étouffant son voisin catalan de Gérone 79-54. Réputé pour son style de jeu up-tempo, à l'instar des Suns en NBA ou de Vilnius en Euroleague, Badalone s'est, une fois n'est pas coutume, reposé sur sa défense et un excellent Jérôme Moïso pour remporter ce titre européen synonyme de qualification pour la prochaine Euroleague. D'ailleurs si les journalistes ont élu Rudy Fernandez MVP de ce Final 8, le jeune prodige espagnol a aussitôt rendu hommage à l'intérieur français en lui remettant son titre de meilleur joueur.

BADALONE: Demond MALLET 26pts (6/8 à 3pts) éval 26, Rudy FERNANDEZ 13pts 7rbs 2pd 3int 1ct éval 22, Lubos BARTON 8pts 8rbs 1pd 4int 1ct éval 19, Jérôme MOÏSO 10pts 7rbs 4ct éval 16.
GERONE: Ivan RADENOVIC 20pts (2/3 à 3pts) 2rbs 2int éval 21, Marc GASOL 9pts 10rbs 3pd 2int 1ct éval 16.
Sacré bonhomme que ce Rudy Fernandez. Blessé à l'épaule, il n'a pu déployé son habituel jeu d'attaque flamboyant mais a pesé sur le game en se donnant à fond de l'autre côté du terrain. En sortie de banc, son impact défensif a donné le ton à sa team qui a ensuite pu compter sur l'adresse diabolique du shooteur Demond Mallet et sur sa tour de contrôle française. L'ex plus grand potentiel de l'histoire du basket tricolore a t-il enfin trouvé sa place dans le monde de la grosse balle orange? Son niveau de jeu durant cette finale face à Marc Gasol, l'un des meilleurs intérieurs du vieux continent, semble le prouver.

Cette finale était aussi la preuve flagrante de la domination du basket ibérique en Europe. Si la composition du prochain Final 4 de l'Euroleague peut prêter à minorer, à première vue, la valeur de la Liga ACB (1 seul représentant, Vitoria), qu'on ne s'y trompe pas ce championnat est de loin le plus performant. Il ne faut ainsi pas oublier que les 4 équipes espagnoles engagées cette année en Euroleague ont toutes passé l'obstacle du 1er tour pour se retrouver parmi les 16 meilleures équipes. Certes la suite fut un peu plus décevante, avec les éliminations de Malaga et du Real lors du top 16 et du Barca en 1/4 de finale. Mais ces résultats, confortés par cette finale uleb 100% ibérique, nous montrent bien que si toutes les grandes équipes européennes ne se trouvent pas de l'autre côté des Pyrénées, c'est tout de même bien là-bas qu'on en trouve le plus. C'est bien cette densité impressionnante qui apparaît à travers ces résultats.
Au moment où beaucoup d'amoureux du basket français cherchent à relancer notre championnat, n'hésitons pas à utiliser la recette gagnante de notre voisin comme on a d'ailleurs commencé à le faire avec la semaine des As, petite soeur de la Copa del Rey. Car eux n'ont pas hésité il y a une vingtaine d'années à copier la place forte d'alors, le championnat italien. L'actuel président de l'Euroleague et ancien dirigeant de la Liga ACB, Jordi Bertomeu, ne s'en cache d'ailleurs pas: "Quand nous avons démarré la ligue espagnole, j'ai passé un mois en Italie juste pour comprendre comment la Lega fonctionnait dans le but de la copier. On peut toujours inventer quelque chose, mais tout ce qui est réellement important l'a déjà été, donc il n'y a plus rien à découvrir." Il y a un an et demi (novembre 06), BasketNews nous proposait une plongée au coeur du pays des champions du monde. Depuis l'ACB est toujours au top, les derniers résultats le prouvent, replongeons-nous dans ce dossier.
"Le calendrier doit recevoir l'approbation des clubs. La ligue a recours, depuis 2 ans, à un logiciel. Cet outil informatique permet de tenir compte des disponibilités des salles, des calendriers européens, de la nécessité de programmer un grand match par semaine pour la télévision et de ne pas multiplier les déplacements éprouvants pour les équipes.
Les réglements imposent un salaire minimum et des quotas. les clubs n'ont ainsi droit qu'à 2 extra-communautaires et doivent compter un minimum de 4 espagnols.
La ligues espagnole a également innové sur le plan des transferts, à l'instar des "restricted free agents" en NBA. A l'intersaison, tout joueur en fin de contrat peut considérer les offres des clubs, en choisir une, et le dernier employeur a une semaine pour s'aligner et conserver son joueur.
En 2006-07, le budget total des 18 équipes de la ligue s'élevait à 100 millions d'euros, soit une moyenne de 5.5 millions par clubs. Le salaire moyen d'un pro de l'ACB est de 300 000 euros par an. (...) Toutes les équipes doivent présenter un budget minimum de 3.3 millions d'euros et une salle d'une capacité minimale de 5 000 places. Tout comme l'Euroleague, la Liga voudrait faire passer ce minima à 7 000 places, (...) objectif réaliste puisque 6 500 spectateurs en moyenne assistaient (à la mi-saison 06-07) à chaque rencontre et que 11 des 18 enceintes peuvent déjà acceuillir 7 000 spectateurs ou plus.
TVE, chaîne publique diffuse l'affiche de chaque journée. La ligue a noué des accords avec 18 chaînes locales qui complètent l'offre télévisuelle. Ainsi, ce sont en moyenne 5, voire 6 des 9 matches de la journée qui sont retransmis sur le petit écran.
Traitant du basket national mais aussi mondial, ACB.com est devenu le site de basket le plus visité au monde hors-NBA. Sa réussite tient au fait qu'il constitue une véritable communauté grâce à ses forums et au jeu SuperManager, une "fantasy league" qui draine 70 000 participants. Cette stratégie permet de fidéliser ces utilisateurs.
Marketing: la ligue possède 4 gros sponsors exclusifs. Aucun de leurs concurrents ne peut s'afficher sur les maillots des clubs de l'ACB. Ces partenariats assurent d'importantes rentrées d'argent à la ligue. A tel point que celle-ci assure ne plus pouvoir progresser dans le domaine du marketing sportif classique. (..) La ligue entend explorer d'autres voies, aussi diverses que les nouvelles technologies, notamment la téléphonie mobile, le loto sportif ou de nouvelles formes de partenariat comme celle déjà développée avec des marques de lunettes ou de textiles."
En France le projet de superligue reprenait certaines lignes directrices opérant en Liga, je pense notamment à la capacité des salles. Mais ce projet a du plomb dans l'aile et notre championnat de basket continue de vivoter dans l'indifférence générale. Pourtant certains "artifices" peuvent permettre de l'exposer de façon plus importante. Le concept de fantasy league est ainsi à mon avis un moyen important pour faire venir, ou conserver, un public. J'ai moi même fait venir des amis au basket (certains n'y connaissaient vraiment rien) par ce biais, que ce soit grâce aux fantasy NBA ou d'Euroleague. Or pour l'instant, on doit se contenter du remarquable travail d'un simple amoureux de basket: http://www.lnbfantasy.fr/auth.php .Que la ligue réagisse enfin et nous propose sur son site (LNB.fr) cette fantasy qui aménera les amateurs de basket à se pencher plus sérieusement sur le championnat hexagonal. Ce n'est bien sûr qu'un "moyen" mineur au sein du grand chantier qu'il faudra construire pour mettre la LNB sur le devant de la scène. Car le boulot s'annonce vaste au regard de la situation actuelle. Mais bon, avec beaucoup de volonté et de compétence, les espagnols ont bien réussi alors pourquoi pas nous, i have this dream...
