Dans la série "ma pt'ite touche perso" à la fabrication d'une mémoire du basket français sur le net, voici un résumé de l'excellent livre "La Grande Histoire du Basket Français" de l'Equipe retraçant l'évolution de notre sport préféré dans l'hexagone depuis ses origines nord-américaines à la fin du XIXème jusqu'à nos jours. Pour cet article, je me suis intéressé aux prémisces de ce sport, de son arrivée à Paris en décembre 1893 jusqu'aux premières années suivant la création du championnat de France.
Fin 1891, le directeur d’éducation physique du collège de Springfield, Luther Hasley Gulick, demanda à James Naismith (19861-1939), jeune professeur d’origine canadienne, d’inventer un sport qui occupe les jeunes étudiants destinés à devenir les responsables sportifs des diverses YMCA (Young Men’s Christian Association, autrement dit « Union chrétienne des jeunes garçons ») durant les hivers rugueux du Massachussetts. A la veille des vacances de noël, il présenta son nouveau jeu aux 18 élèves de la classe: ils devaient lancer une balle sphérique dans un panier, accroché à la galerie du gymnase à
A Paris, la section française des Unions chrétiennes de jeunes garçons, rue de Trévise dans le 9e Arrondissement, proposa la pratique de ce sport le 27 décembre 1893, par l’intermédiaire de Melvin Rideout. Cette 1ère partie de basket disputée en France et en Europe provoqua un engouement immédiat. On organisa une « bannière », qui était remise en jeu régulièrement, et on créa dans la foulée le 1er club de basket français, le Basket Club de la rue de Trévise (1894).
Mais c’est surtout l’initiative de Charles Foreau qui permit de lancer véritablement l’activité en France. De retour en 1908 du Canada, où il avait découvert le basket, il organisa des rencontres dans son patronage de
Durant la 1ère guerre mondiale, beaucoup de militaires apprécièrent ce jeu dans les Foyers du soldat. 75 foyers avaient été installés lorsque les Américains débarquèrent en France, en juin 1917. On en construisit alors 105 supplémentaires et on les appela Foyers franco-américains. En août 1918, un rapport concluait que les soldats US lançaient mieux la grenade que les nôtres parce qu’ils étaient habitués à lancer à la main dès leur plus jeune âge ; il fut donc demandé aux responsables de
Avec le succès des Jeux Interalliés, en 1919, avec la volonté de l’armée française de développer « ce jeu de main et d’habilité », associée au prosélytisme des instituteurs titillés par les curés, le basket s’imposait définitivement en France.
L’intérêt suscité, encore fallait-il organiser. Les « patros » protestants ne se manifestaient guère. Les cathos, déjà organisés, préféraient demeurer entre eux. Restaient les autres, peu nombreux, mal soutenus, qui trouvaient refuge auprès du Stade Français et de la fédération française d’athlétisme (FFA), cette dernière acceptant d’organiser cet « amusement » préparatoire à la saison. Créé en janvier 1921, le Championnat de France regroupait des équipes parisiennes et une normande (GS Amfréville). Au mois de novembre 1921,
De plus alors qu’il se développait de façon spectaculaire aux States, avec l’édification d’infrastructures spécialisées, le basket s’installa en France essentiellement en plein air. En fait c’est l’essentiel de son développement technique qui était négligé, surtout dans les « patros ». Tandis que vis-à-vis du jeu, les dirigeants se comportèrent en conservateurs, maintenant le jeu dans un ghetto réglementaire désuet et refusant les modifications proposées avec insistance par les plus lucides, qui poussaient vers la recherche de l’excellence. Enfermé dans des rencontres amicales traditionnelles avec
A Mulhouse se forma quand même une vraie école de basket, sous l’autorité d’André Tondeur (1899-1962) fer de lance de l’équipe alsacienne 9 fois championne de France entre 1924 et 1937. Mais à Paris se développa, dans les patros, le « ripopo », onomatopée inventée par des rédacteurs de l’Auto (ancêtre du journal L’Equipe) pour nommer un match « de n’importe quoi ». L’expression finit par désigner le style de jeu de l’époque. S’il plaisait par son côté spontané et spectaculaire, s’il faisait de plus en plus d’adeptes au grand dam de
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