Le blog de tous les baskets: de la NBA à
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Posté le 14.05.2008 à 11:08

En 1980 l'ASPO Tours, club de ma ville, décrochait son 2ème titre de champion de France (après 1976). Si je n'ai pas personnellement vécu ces glorieux moments du basket tourangeau, mon père m'a raconté à l'occasion quelques-uns de ses souvenirs. Ces derniers ainsi que mon goût pour l'Histoire (pas seulement du basket d'ailleurs) m'ont poussé à approfondir mes recherches sur le sujet et par l'intermédiaire de mon beau-frère (tiens je me mets à raconter ma vie)  j'ai mis la main récemment sur "les Livres d'or du basket 1980 et 1983". Bien que de qualités médiocres, ces ouvrages m'ont permis de rendre plus réelles des images jusque là bien floues. Je me propose de faire un résumé de ces 2 livres en commençant par le début, 1980 donc, année  du sacre tourangeau et de la vaine tentative de qualification de l'Equipe de France pour les Jeux Olympiques. Dans ce premier article, je ne traiterai que du championnat de France, les coupes européennes et le parcours de l'Equipe de france feront l'objet d'un prochain article.

PREMIERE PHASE:

Un changement de règlement  (un énième diront certains) sépare la saison 1979-80 en deux phases distinctes. Alors que l'année précédente, le champion était désigné au terme de la saison régulière, en 1980 est instaurée une poule finale à quatre. Les 4 premières équipes de la saison régulière se disputent en match aller-retour le droit d'accéder à la finale disputée en une manche sèche à Nantes. Christian Balzer, ancien joueur du SCM Le Mans, déclarait à propos de cette nouvelle formule: "Elle favorise nos projets, je le crois. Pourquoi? D'abord, dans la première partie du championnat, au moment même où nous devrons batailler ferme sur le plan européen (...) nous n'aurons plus la hantise à chaque match, de devoir nous battre à mort puisqu'il nous suffira de terminer dans les 4 premiers, ceux-ci étant qualificatifs pour le play-off d'où sortira le champion de France 1979-80".

 

Course à la première place:

Cette première phase se trouve dominée par 2 équipes très ambitieuses qui entendent bien faire tomber le champion manceau, l'ASPO Tours et l'ASVEL. Pour cela le coach tourangeau Pierre Dao, également sélectionneur de l'équipe de France, compte sur l'apport de sa nouvelle recrue en provenance d'Antibes, le multi-sélectionné Jacques Cachemire. La conservation du puissant pivot américain Cliffton Pondexter, ancien Bull de Chicago, et du meneur des Bleus Jean-Michel Sénégal, ne fait que confirmer l'ambition tourangelle. Après être retombé dans le rang suite au titre 1976 (7ème en 77 et 78, 4ème en 79), les tourangeaux visent un nouveau sacre. Pourtant après un début plus que correct (2 défaites et 1 nul à l'issue de la phase aller, et oui à l'époque en cas d'égalité à la fin du temps réglementaire on ne jouait pas de prolongation), la tension monte dans les vestiaires. Un nouveau revers à Lyon pour le 1er des matches retour donne même des envies de départ au coach. Le groupe réagit aussitôt en remportant le choc au sommet à Villeurbanne (79-81) et l'équipe s'envole en enchaînant 9 succès de suite qui la conduise à la première place de la saison régulière (20V 2N 4D).

Mieux partis, les villeurbannais (4 victoires sur 4) doivent céder leur place de leader lors de la phase retour mais concrétisent globalement les espoirs placés en eux (20V 6D). Dans les 3 premiers depuis 2 ans, le club le plus titré de france vise un 15ème championnat. Le président De Barros ne cache pas ses objectifs: "Les supporters sont déçus de notre 3ème rang en championnat derrière Le Mans et Caen. (...) Il faut reconquérir le titre, 1er objectif, et sacrifier la coupe Korac". L'équipe rhodanienne déclare ainsi forfait en coupe d'Europe et compte sur ces deux jeunes espoirs français Jacques Monclar (22ans) et Philippe Szanyiel (19ans) ainsi que sur l'américain Ted Evans (27 ans, 2.07m) pour aider la légende Alain Gilles (34 ans) à franchir le cap. Un difficile mois de décembre (défaite contre Nice, Tours et Antibes) relègue l'ASVEL derrière l'ASPO que l'entraîneur André Buffière place en favori: "Tours ... si je dois donner un nom de prétendant au titre."

André Buffière

Course à la poule finale:

Derrière ce duo, sept équipes se disputent les 2 dernières places qualificatives. Le champion de France manceau fait figure de leader de ce groupe mais peine lors de la phase aller, enregistrant 4 défaites de rang (Tours, Stade français, Asvel et Monaco). Le "Moderne" est en crise avec la blessure du pivot américain Greg Parham, le renvoi de l'autre US Bill Lindsey, le nez cassé d'Hervé Dubuisson et le différend opposant les deux "stars" françaises Eric Beugnot et Hervé Dubuisson. L'entraîneur Bob Purkhiser est même obligé de reprendre du service sur le terrain pour écoper un navire commençant à prendre l'eau. Ce n'est au final qu'à l'ultime journée que les sarthois (15-1-10) compostent leur ticket pour la poule finale en disposant de Mulhouse et en profitant de l'échec caennais à Limoges.

La quatrième équipe qualifiée apparaît comme le cendrillon de la compétition. Champion de France de N2 l'année précédente (notre ProB actuelle), le Stade Français Evry n'était pas attendu dans le quatuor de tête. Mais Jacky Renaud parvient d'entrée à créer l'osmose autour des expérimentés Dorigo (36 ans) et Longueville (33 ans) et des jeunes Wansley (23 ans), Cazalon (22ans) et Cham (20 ans). Après 4 journées les parisiens occupent la tête avec les villeurbannais. Il s'en faut même de 2 lancers-francs de Cachemire à quelques secondes de la fin pour empêcher l'Agora d'exploser (77-77). Troisième à l'issue des matchs aller, le Stade se maintient au sommet (15-1-10) en ne commettant aucun faux pas, ces seules défaites étant concédées contre les "gros (Caen, Orthez, Asvel, Tours, Le Mans et Antibes).

Derrière Caen et Orthez échouent d'un petit point (15-11). Toujours sur le podium mais jamais gagnant depuis 1976, le Caen BC connaît une intersaison agitée. Les finances sont dans le rouge et l'ambiance s'en ressent. Victor Boistol et Yves-Marie Vérove font leurs valises, ce dernier déclarant "là-bas, je vais être  plus tranquille (à Limoges). Plus de magouille" (assez drôle d'ailleurs quand on est connait la suite). Même Robert Riley l'américain naturalisé, au club depuis 1971, est tout prêt de partir. Deux échecs initiaux et les incidents du match contre Tours ne font que noircir le tableau. Les arbitres (Sorentino et Ducrotoy) sont agressés par les spectateurs après une défaite d'un petit point (77-78). Le président Badache ne calmait pas vraiment le jeu en déclarant "Pierre Dao influence les arbitres par ses doubles fonctions d'entraîneur de l'équipe de France et de l'ASPO Tours." Malgré la suspension de la salle, l'équipe des frères Galle était enfin lancé (5 victoires de suite en championnat). Pour intégrer le top 4, les normands devaient remporter les 2 derniers matches. Leur route croisait alors celle d'un opposant direct l'Elan Bearnais Orthez. Le successeur de Jean Luent, George Fisher était en effet parvenu à former un groupe redoutable notamment dans sa mythique Moutète (3 défaites seulement) autour du jeune américain Paul Henderson, successeur de Bill Lindsey, et des français Larrouquis, Hufnaghel ou Bisseni. Mais la fatigue de la coupe d'Europe finissait d'user l'équipe qui s'inclinait 3 fois sur les 5 derniers matches dont celui à Caen (91-80) sous l'impulsion d'un formidable Didier Dobbels (32pts). Les Caennais avaient leur destin en main en se déplaçant en terre limougeaude. Mais face à un CSP luttant pour son maintien, les caennais s'écroulaient (97-76) laissant passer leur chance.

Dans la roue de Caen et Orthez, Mulhouse et Monaco échouaient aussi de peu (14-12). Champion de N2 en 1978, les alsaciens pouvaient compter sur 2 joueurs d'exceptions, le naturalisé Barry White (rien à voir avec le chanteur ou Gilles Grospaquet) et l'américain Cliff Meely. L'ancien joueur NBA à Houston et aux Lakers ne laissait pas Buffière insensible: "Meely est un joueur explosif. Il a battu à lui seul l'Asvel. Il sait tout faire sur un terrain. Bon nombre de joueurs ont à apprendre les fondamentaux. Toujours est-il que le Mulhousien les détient sur le bout des ongles." Malheureusement la saison ne devait pas être aussi brillante que prévue. White se blessait (métacarpe main droite) dès le 4ème match lors d'une victoire à Limoges (94-97) et l'équipe échouait lors de l'ultime journée en sombrant sur le parquet de manceaux finissants en boulet de canon (105-82). Pour Monaco en revanche l'heure n'était pas à la déception tant l'objectif avait été atteint. Au début de la saison le président Quenin avait mis les choses au point en déclarant: "en 1950, Monaco avait terminé 2ème... Nous avions joué la finale. Trente ans plus tard, nous sommes encore là. La prudence nous est dictée par l'expérience de la compétition". Après un début difficile (3 défaites en 4 matches) le groupe monégasque autour du meneur Robert Zuitton, de l'américain Mike Stewart et de l'international Georges Brosterhous avait parfaitement rempli ses objectifs.

 

Le maintien:

Pour l'Olympique d'Antibes, le titre de 1970 avec le Portoricain Dan Rodriguez ou les deux internationaux français Jean-Claude Bonato et Jacques Cachemire était bien loin. Des problèmes financiers récurrents poussaient le nouveau coach Jacques Paquet à la prudence en visant les 6-8èmes places. Malgré un effectif de qualité autour du meneur Sylvain Grzanka, remarquable distributeur, de l'athlétique Saint-Ange Vébobe, de Charles Brakes, Ulysse Gruda ou de l'US Robin Jones, les antibois devaient lutter jusqu'au bout pour éviter de jouer la poule de relégation promise aux 4 derniers. Pour rajouter à la pénible saison, la salle était suspendue après l'agression de l'arbitre Yvan Mainini (actuel président de la FFBB) par les spectateurs. Après Mulhouse et Caen, l'agression à Antibes poussait le journaliste de l'Equipe, Jean-Pierre Dusseault à pousser ce cri d'alarme, "le jour n'est pas lointain où la mort frappera dans le petit monde du basket français". Pour Nice en revanche, la saison fut plus joyeuse. Jouant le maintien après avoir sauvé de peu sa peau l'année précédente, les Niçois purent compter sur l'excellence de leur nouvel américain Richard Darnell dit "Buffalo Bill" pour décrocher 5 victoires lors des 6 dernières rencontres et maintenir l'écart avec Limoges, première des quatre équipes devant jouer un avenir incertain dans la poule de relégation.

 

La relégation:

Malgré les renforts de Vérove (Caen) et de Deganis (Racing), le CSP devait galérer toute la saison devant remettre son avenir dans une périlleuse poule de maintien. Les problèmes de genou de l'international Apollo Faye furent au cœur des problèmes de l'équipe limougeaude. En cette difficile saison régulière, le match à domicile contre Tours fut un vrai moment de bonheur. Malgré l'égalisation de dernière seconde de Pondexter sur 2 lancers-francs (104-104), le public "vert" pouvait fêter ces héros. Faye avait impressionné au rebond alors que Vérove, Moltimore et Livio jouait les maîtres d'œuvre.

Dacoury et Livio

Livio, Dacoury et leurs ... afro

Pour Vichy, l'issue faisait peu de doutes. Coach Besson avec les moyens du bord dirigeait un groupe qui ne lâcha rien jusqu'au bout comme le prouve la victoire vychissoise sur Le Mans lors de l'avant-dernière journée alors que les champions de France jouaient leur qualif pour la poule finale. Mais malgré le 2ème scoreur du championnat, l'américain William Howard, Vichy ne pu éviter la terrible poule de relégation. En revanche pour la CRO Lyon (La croix-Rousse), la déception était grande tant l'effectif semblait de qualité. L'équipe possédait en effet un joyau en la personne du scoreur-rebondeur Floyd Allen. Meilleur marqueur du championnat (32.19pts par match), il ne put guider sa team vers les succès après une phase aller catastrophique (2 victoires seulement) mais marqua les esprits contre le futur champion de France en plantant 53pts à la défense tourangelle.

Enfin Berck en finissait de mourir. Confrontés à de graves soucis financiers depuis 1976, le club de la côte d'Opale s'écroulait sportivement en ne remportant qu'une seule rencontre contre des Limougeauds toujours en difficulté à l'extérieur.

CLASSEMENT FINAL: 1- TOURS 68pts ... 2- Villeurbanne 66pts ... 3- Le Mans 57pts ... 4- Stade Français-Evry 57pts

5- Orthez 56pts ... 6- Caen 56pts ... 7- Monaco 54pts ... 8- Mulhouse 54pts ... 9- Antibes 50pts ... 10- Nice 50pts

11- Limoges 46pts ... 12- Lyon 42pts ... 13- Vichy 42pts ... 14- Berck 28pts

 

DEUXIEME PHASE:

Poule finale:

Le Stade Français continuait de surprendre en dominant chez elle l'Asvel sur un bras roulé de Michel Longueville à 20 secondes de la fin et malgré une dernière tentative d'Alain Gilles (90-89). Le déplacement villeurbannais au Mans s'avérait dès lors décisif puisque les manceaux s'étaient aussi inclinés chez le voisin tourangeau après une âpre lutte (79-76). Nouveau match aux couteaux et nouvelle courte défaite pour les banlieusards lyonnais (101-99). Buffière ne perdait pas pourtant confiance: "Daniel Haquet et Evans sont en forme alors pourquoi se décourager". Il avait raison puisque son équipe faisait chuter le leader tourangeau, invaincu jusqu'ici après une victoire arrachée à l'Agora 95-98, malmené par un Szanyel bouillant (31pts et victoire 95-85). La victoire mancelle sur le stade, 80-65, clôturait la phase aller en laissant l'espoir à tous (Tours et Le Mans 2V-1D, Asvel et Stade 1V-2D).

La phase retour débutait par l'échec retentissant de l'ASPO sur le parquet manceau 93-76. L'Asvel n'éprouvait pas de mal à vaincre des stadistes (110-90) en perte de vitesse, le tout devant les caméras de TF1, et revenait du coup à égalité avec les tourangeaux à la 2ème place. Ces derniers disposaient du Stade lors de l'avant dernière journée tandis que les verts faisaient voler en éclat la défense mancelle (104-91). Tout allait se jouer sur la dernière journée entre Tours, l'Asvel et Le Mans, tous à égalité. Les champions de France semblaient posséder les meilleurs chances en se déplaçant chez des parisiens déjà éliminés. Mais le Stade était décidé à jouer son rôle jusqu'au bout et poussa les manceaux à un match nul qui aurait même pu se transformer en défaite sans un panier de Parham à 3 secondes de la fin. Dans le même temps, le choc Tours-Asvel battait son plein. Menés de 20pts, les Verts réalisaient un retour incroyable. A égalité à 86-86 et 45 secondes à jouer, Jean-Michel Sénégal et Gérard Brun annonçaient la défaite mancelle à Alain Gilles. Cette fausse info eut-elle un impact réel sur l'issue du match? Toujours est-il que Cachemire arrachait la victoire lors de l'ultime seconde condamnant les espoirs de finale des villeurbannais (88-86). André Buffière ne décolérait pas à la fin du match: "ce n'est pas réglo. Je suis écœuré. Par cette tricherie, nous n'avions pas gagné mais au moins nous pouvions l'espérer." Le titre allait donc se jouer entre manceaux et tourangeaux en une manche sèche à Nantes.

 

Poule de relégation:

Cette phase se dispute en 2 temps. Les 4 dernières équipes de l'élite (Limoges, Vichy, Lyon et Berck) se rencontrent en match aller-retour. Les 2 derniers sont rélégués en division inférieure alors que les 2 premiers se qualifient pour une 2ème poule où ils doivent croiser le fer avec les 2 premiers de N2. Dans ce nouveau groupe, les équipes ne se rencontrent qu'une fois en terrain neutre et les premiers restent ou intégrent l'élite tandis que les 2 derniers sont relégués à l'étage du dessous.

Lors de la 1ère phase, dite poule des barragistes, Limoges se baladait remportant 5 de 6 matches. Seul un nul concédé à Vichy sur un lancer-franc du sénégalais Kaba (68-68) empêchait le CSP de réaliser le parcours parfait. Si ce nul fut sans concéquence pour Limoges, il n'en fut pas de même pour les 3 autres équipes en course. En effet ces équipes se neutralisèrent en remportant toutes un match dans les confrontations directes. Aussi ce match nul arraché par la JAV fut totalement déterminant puisqu'il qualifia l'équipe pour la 2ème phase, dite matches de barrages, et condamna donc Lyon et Berck à la N2.

A Compiègne, Limoges, Vichy, Avignon et  Reims se disputaient les 2 tickets pour  l'élite. Vichy craquait contre les 2 pensionnaires de N2 alors que Limoges faisait sans problème respecter la hiérarchie et assurait du coup son maintien. La 2ème place qualificative se jouait dans le match Avignon-Reims que les joueurs du vaucluse remportaient 76-69. Limoges pouvait lâcher un soupir de soulagement car comme l'affirmait le président Popelier, "nous marchions de toute évidence sur de la porcelaine. Notre situation était fragile. Il fallut Moltimore, Apollo Faye et toute l'équipe pour s'en tirer honorablement."

Les équipes classées entre la 5ème et la 10ème place devaient également disputer des matches de classement.  Les 6 équipes étaient divisées en  deux groupes de trois équipes. Caen et Orthez remportaient les 2 groupes pour se classer au final respectivement 5ème et 6ème du championnat, places qu'elles occupaient déjà après la saison régulière.

La Finale à Nantes:

Les double champion de France en titre tentaient de réaliser la passe de trois, un exploit seulement réalisé alors par l'ASVEL de 1955 à 1957. Mais les tourangeaux, premier de la phase régulière et de la poule finale, et vainqueurs de trois des quatre confrontations directes partaient avec un léger avantage. La finale fut un véritable combat et l'enjeu prit clairement le pas sur le jeu. Grâce à la formidable adresse de Gérard Brun (6/7) en première mi-temps, l'ASPO prenait les commandes pour ne plus les lâcher. La tension montait, le jeu était dur et les fautes pleuvaient. La maladresse mancelle aux lancers-francs condamnait le "Moderne" a abandonné sa couronne (72-66). En remportant les 3 phases, saison régulière, poule finale et finale, l'ASPO Tours avait bien mérité de soulever son 2ème et dernier titre de champion de France.

Ca vous a plu? Je trouve ça intéressant de se replonger dans ce basket au final bien différent de ce qu'il est aujourd'hui.  L'ambiance dans les salles avait l'air d'y être beaucoup plus chaude, voire trop chaude (avec 3 incidents majeurs conduisant à des suspensions de salle). Pour la formule du championnat, le sous-titre de cette saison aurait pu être: "pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer". On verra dans le prochain article un autre changement majeur, qui est celui des résultats dans les coupes européennes. Si 1980 fut loin d'être la plus belle année des clubs français en Europe, les résultats à cette époque étaient bien meilleurs qu'aujourd'hui (comment ça y a pas de mal!). Et puis ça peut pas faire de mal d'apporter une petite contribution à la mémoire du basket français, mémoire trop peu développée sur le net à mon goût. 







Posté le 11.05.2008 à 19:25

Je revenais lors du dernier article sur la différence entre MVP et meilleur joueur de la ligue. Si Kobe mérite bien pour moi son titre de Most Valuable Player cette année, il est en revanche loin d'avoir été le meilleur joueur statistiquement. Je me suis donc penché sur l'affaire en reprenant une méthode qui me paraît bien plus significative et équitable que la traditionnelle évaluation afin de juger du véritable impact statistique des joueurs. Pour cela je me base sur le Basket Hebdo numéro 7 datant du 1er janvier 1997 qui m'a fait découvrir cette nouvelle méthode (oui je sais j'ai la manie de ne rien jeter).  

"Le basket est le seul sport à pouvoir chiffrer tous les gestes de ces athlètes. Mais jusqu'où peut-on utiliser ces données? Peut-on, par exemple, déterminer la valeur réelle d'un joueur en étudiant ses statistiques? C'est l'éternel débat du basket.

Mis à part le jeu sans ballon et la pose d'écrans, les stats prennent en compte tout le secteur offensif. Par contre, le secteur défensif n'est illustré exclusivement que par le rebond et l'interception, négligeant malheureusement la vraie pression défensive qui fait que votre adversaire rate 80% de ses shoots. Et d'une façon plus générale, les stats ne peuvent bien évidemment pas tenir compte des qualités mentales, de motivation ou de leadership. Mais malgré ces manques, le compte-rendu chiffré d'un joueur peut permettre aux observateurs de se faire une idée assez juste de sa valeur réelle.

Plusieurs théories existent à ce jour pour quantifier le rendement d'un basketteur. Les Italiens ont mis sur pied une "Valutenzione", qui a été reprise ensuite par les espagnols (la "Valoracion") puis par les français ("l'Evaluation") avant de gagner les Etats-Unis ("L'Efficiency") qui utilisaient auparavant le "IBM Award" et le "Tendex Ratio" de Dave Heeren, relayé par l'hebdo 'The Sporting News".

"L'Evaluation" a le défaut de n'être qu'une addition de chiffres, sans différencier le lancer-franc de la passe ou du contre. Elle favorise les preneurs de rebonds (pivots, ailiers) au détriment des passeurs (arrières), puisqu'une fiche de stats donne environ 2 fois plus de rebonds que de passes. Or, si un rebond n'amène pas automatiquement un panier, la passe par définition, si, puisqu'elle est "décisive". C'est cette injustice qu'a voulu gommer Joshua Trupin, un statisticien dingue de basket, qui a tenté de démontrer que toutes les données ne sont pas, bien entendu, de valeur égale.

Pour parfaire sa théorie, Trupin a utilisé le travail effectué par toute une équipe de chercheurs universitaires qui ont épluché quelques centaines de matches en vidéo, ainsi que toutes les stats des matches NBA. Cette équipe a déterminé une codification par secteur qui est la suivante:

SECTEUR POSITIF: 1 tir réussi +1.4 ... Un 3pts réussi +2.4 .... 1 lancer-franc réussi +1 ... 1Rebond offensif +0.85 ... Un rebond défensif +0.5 ... Un contre +1.4 ... Une passe décisive +1 ... 1 interception +1

SECTEUR NEGATIF: 1 tir raté -0.6 ... 1 lancer franc raté -0.5 ... une balle perdue -0.8

Une fois tous ces secteurs comptabilisés pour un joueur, on arrive à un total de points qui est celui de sa valeur globale. Ce total est ensuite divisé par le nombre de minutes passées sur le terrain puis multiplié par 48 pour obtenir le "rating" du joueur. Cette méthode a été dénommée le "HoopStat Grading System" (HGS) par Joshua Trupin."

Passons aux résultats pour cette année:

1- Amare Stoudemire 33.84 ... 2- LeBron James 33.02 ... 3- Chris Paul 32.08

4- Kobe Bryant 29.82 ... 5- Kevin Garnett 29.41 ... 6- Tim Duncan 29.08 ... 7- Steve Nash 28.57 ... 8- Dirk Nowitzki 28.54 ... 9- Dwight Howard 28.36 ... 10- Manu Ginobili 28.20

TOP 5 par catégories:

PG: 1- Chris Paul 32.8 ... 2- Steve Nash 28.57 ... 3- Chauncey Billups 27.14 ... 4- Deron Williams 27.12 ... 5- Baron Davis 26.11

SG: 1- Kobe Bryant 29.82 ... 2- Manu Ginobili 28.20 ... 3- Dwyane Wade 26.32 ... 4- Allen Iverson 26.06 ... 5- Kevin Martin 23.89

SF: 1- LeBron James 33.02 ... 2- Carmelo Anthony 27.08 ... 3- Josh Smith 25.94 ... 4- Shawn Marion 24.05 ... 5- Caron Butler 23.80

PF: 1- Kevin Garnett 29.41 ... 2- Tim Duncan 29.08 ... 3- Dirk Nowitzki 28.54 ... 4- Chris Bosh 27.59 ... 5- Carlos Boozer 24.88

C: 1- Amare stoudemire 33.84 ... 2- Dwight Howard 28..36 ... 3- Yao Ming 27.88 ... 4- Al Jefferson 27.68 ... 5- Marcus Camby 27.10

J'ai classé Stoudemire dans la catégorie des pivots car c'est le poste qu'il occupait jusqu'à l'arrivée dans le dernier tiers de la saison de Shaquille O'Neal.

Stoudemire, joueur le plus efficace de la NBA

Stoudemire survole les stats en saison régulière mais pas Duncan et les Spurs en Playoff

Cette méthode a donc bien l'avantage de gommer l'avantage que possédait les "grands" sur les "petits" puique 4 arrières font parti de ce Top 10 contre seulement 2 lorsqu'on utilise l'Efficiency (http://www.nba.com/statistics/player/Efficiency.jsp?league=00&season=22007&conf=OVERALL&position=0&splitType=9&splitScope=GAME&qualified=N&yearsExp=-1&splitDD= ). Elle a aussi le mérite de juger les joueurs sur leur rendement exact en prenant en compte leurs minutes jouées, ce qui forcément avantage Amare Stoudemire ou Manu Ginobili nettement moins utilisés que des LeBron James ou Dwight Howard.

Cependant, et je reprends l'article de BH "il manque encore quelque chose à ce HGS pour que tout soit parfait: le niveau de jeu de chaque équipe. Il est évident qu'un 20pts 10rbs aux Lakers ou aux Spurs, a une autre valeur que cette même performance à Memphis ou Minnesota".

J'ai donc affecté à chaque équipe un coefficient en fonction du classement. Le voici: l'équipe moyenne, la 16ème, reçoit un coefficient neutre d'un point, la 15ème 1.01, la 14ème 1.02, etc, ... jusquà la première qui bénéficie d'un coefficient de 1.15. A l'opposé, la moins bonne équipe est affectée d'un coefficient de 0.86. Voici donc le "rating NBA" qui donne selon moi un apeçu plus crédible du niveau des joueurs, du moins dans tout ce qui est statistiquement quantifiable.

Ce qui nous donne: 1- Amare Stoudemire 37.22 ... 2- Chris Paul 35.92 ... 3- LeBron James 34.01

4- Kevin Garnett 33.82 ... 5- Kobe Bryant 33.69 ... 6- Tim Duncan 32.56 ... 7- Manu Ginobili 31.58 ... 8- Steve Nash 31.42 ... 9- Chauncey Billups 30.93 ... 10- Yao Ming 30.68

Chris Paul profite de l'excellent bilan de ses Hornets pour passer James et des Cavs assez décevants en saison régulière.

Chris Paul au top de la NBA

Chris Paul meilleur arrière statistiquement devant ... Kobe Bryant

Le bon bilan des Pistons permet aussi à Billups de rejoindre ce top 10 aux dépens de Nowitzki alors que Ming devance légèrement Howard.

Statistiquement Amare Stoudemire apparaît donc comme le meilleur joueur, ou du moins le plus rentable. Ce n'est pas en soit une surprise car on connait tous le potentiel offensif de celui qu'on surnomme Stat. Or comme il est dit plus haut, si l'on arrive à mesurer assez précisément l'impact offensif sur une fiche de stats, le secteur défensif est en revanche nettement moins bien apprécié par les chiffres. Or c'est justement le point faible de l'intérieur des Suns de Phoenix comme on a pu encore le mesurer au 1er tour des play-off contre les Spurs de San Antonio.

Un Mix des meilleurs actions de Stat

Cette méthode a donc au moins pour principal mérite, par rapport à beaucoup d'autres, de replacer les arrières à leur juste niveau. Je pense bien sûr ici à Ginobili ou Billups dont l'impact statistique est enfin jugé à leur véritable valeur ... par les chiffres.

 











Posté le 07.05.2008 à 22:29

Le joueur le plus talentueux de ces dix dernières années vient enfin d'être récompensé par les journalistes américains et canadiens du titre de MVP (Most Valuable Player) de la saison régulière 2007-08. Dit comme ça c'est donc une évidence, voire même la réparation d'une injustice. Il suffit de surfer sur les différents forums de basket en ce moment pour bien apprécier le phénomène. Si l'on en croit ce qui s'y dit, Kobe se serait fait voler au bas mots les 2 ou 3 derniers titres de MVP. Steve Nash double lauréat de ce trophée Maurice Podoloff (du nom du 1er commissionner de la NBA de 1946 à 1963) en 2005 et 2006 en prends d'ailleurs actuellement pour son grade. Pourquoi cette remise en cause? Le problème vient principalement d'une erreur d'interprétation.

Bobe MVP de la saison

Alex Fedorak, directeur des relations publiques de Kia Motors, remet à Kobe Bryant le trophée de MVP de la saison 2007-08.

Comme son nom l'indique le trophée récompense le joueur le plus "précieux" et nom le meilleur. Si le trophée Maurice Podoloff récompensait le BP (Best Player), alors oui Kobe en aurait déjà 3 ou 4. Mais la notion de" valuable" englobe des domaines bien plus larges que le seul talent. Etre "valuable" c'est ainsi faire gagner sa team, le bilan de son équipe est donc primordiale, et c'est aussi incarner un leadership incontestable que ce soit sur le terrain évidemment mais aussi en dehors. Or sur ces deux derniers critères, Kobe Bryant était bien derrière le Steve Nash de ces dernières années. Même s'il était sans doute plus facile de vaincre avec les Suns qu'avec les Lakers ces dernières saisons, on ne peut enlever à Nash cette faculté qu'il a eu à emmener sa team au top de la ligue (62-20 en 2005, 54-28 en 2006 et 61-21 en 2007). D'ailleurs Kobe avec quasiment le même effectif cette année que l'année dernière (Derek Fisher à la place de Smush Parker) a montré qu'il était possible de la mener au sommet de la ligue. Bien sûr l'arrivée du pivot espagnol Pau Gasol a fait passer un cap à l'équipe des Lakers, mais il ne faut pas oublier que sans lui les angelinos carburaient parfaitement. Sans Gasol LAL affiche ainsi un bilan de 35V pour 20D, soit un pourcentage de victoires de 63.6% bien supérieur aux dernières années (24-48 soit 41.4% en 2005, 45-37 soit 54.8% en 2006 et 42-40 soit 51.2% en 2007). Kobe a donc enfin réussi à totalement impliqué ses équipiers comme rarement auparavant. C'est d'ailleurs sur ce dernier point qu'il a pour moi le plus changé. Car si niveau statistique il a déjà fait mieux (ce qui prouve encore une fois que les perfs individuelles ne conditionnent pas tout dans ce vote), en revanche il a enfin appris à rendre meilleurs ses troupes notamment en leur accordant plus de confiance. Le match culte contre Toronto et ses 81pts est d'ailleurs significatif. A l'époque les lakers, à l'instar de Cleveland avec James actuellement (mais sans la qualité de la défense des cavs), se reposaient totalement sur leur leader. Pas vraiment par manque de talent mais tout simplement parce que pour Bryant la meilleure façon de gagner était de passer par lui. C'en était arrivé à tel point que de nombreuses fois certains joueurs se retrouvaient surpris quand Kobe leur refilait la gonfle sur une action décisive. En changeant cette façon de voir, Kobe a nettement contribué à faire de ses lakers un des meilleurs collectifs de la ligue. C'est là pour moi la plus belle des victoires de Bryant. Avoir transformé cette team spectatrice de ces exploits individuels grandioses en une équipe au collectif abouti.

Conférence de presse de Kobe après l'annonce du titre de MVP

 

Revenons maintenant plus précisément sur le vote. 126 journalistes américains et canadiens élisent le MVP en élisant 5 joueurs. Ils accordent respectivement 10pts au 1er, 7 au deuxième, 5 au troisième, 3 au quatrième et 1 au cinquième. A l'issue du vote, voici le le classement des 10 premiers:

1- Kobe Bryant: 82 1ères places - 32 2ème - 10 3ème - 2 4ème - 0 5ème place = 1100pts

2- Chris Paul, Nouvelle-Orléans: 28 - 64 - 32 - 2 - 0 = 894pts

3- Kevin Garnett, Boston: 15 - 23 - 56 - 26 - 1 = 670pts

4- LeBron James, Cleveland: 1 - 7 - 28 - 77 - 8 = 438pts

5- Dwight Howard, Orlando: 0 - 0 - 0 - 7 - 39 = 60pts

6- Amare Stoudemire, Phoenix: 0 - 0 - 0 - 3 - 18 = 27pts

7- Tim Duncan, San Antonio: 0 - 0 - 0 - 2 - 19 = 25pts

8- Tracy McGrady, Houston: 0 - 0 - 0 - 2 - 13 = 19pts

9- Steve Nash, Phoenix: 0 - 0 - 0 - 4 - 6 = 18pts

10- Manu Ginobili, San Antonio: 0 - 0 - 0 - 0 - 9 = 9pts

Ce classement démontre clairement que pour les votants le titre de MVP ne se résume pas élire le joueur aux meilleures stats. James ou Stoudemire sont les meilleurs joueurs à l'évaluation mais n'occuppent que les 4ème et 6ème place ici. Au vu du bilan des Cavs James ne pouvait prétendre au titre (comme Kobe ces dernières années) malgré une saison statistique vraiment impressionnante. Garnett remplissait lui complètement les 2 critères de leadership et de bilan équipe (le meilleur de la ligue) mais était en dessous individuellement (9ème éval). Dans sa propre équipe Paul Pierce, comme le titrait l'excellent mag Reverse il y a quelques mois,  était d'ailleurs considéré comme le véritable leader des Celtics. Le titre se jouait donc entre 2 hommes Kobe donc et Chris Paul. Le formidable meneur des Hornets s'est imposé sans contestation comme le leader de son équipe malgré son jeune âge et affichait même des stats légèrement supérieures au célèbre numéro 24 (3ème à l'éval contre 5ème). Au point de vue bilan collectif, les deux équipes se sont tirés la bourre jusqu'à l'ultime journée et ce n'est que pour une petite victoire que LA a pris les commandes de la conférence Ouest (57-25 contre 56-26). Bref bien difficile de les séparer. Comme en 2005, j'aurais été tenté de partager le trophée (je trouvais à l'époque que le Shaq le méritait autant que Nash). Mais il est un autre critère qui a sans doute, et à juste raison, été utilisé: la régularité au plus haut niveau. En effet si CP3 a dès sa 1ère année marquait les esprits (rookie of the year 2006), ce n'est que depuis cette saison qu'il est entré dans la cour des tous meilleurs alors que Kobe côtoie ce milieu depuis au moins 7-8 ans. D'ailleurs en remportant le trophée au bout de sa 12ème année en NBA, il devient le lauréat à avoir "attendu" le plus longtemps, à égalité avec Karl Malone. Au final, il me parait donc totalement logique de récompenser ce formidable talent, pour moi le plus grand (avec Duncan dans un autre genre) des années 2000.

Une p'tite rétro pour le plaisir

 

Il ne faut pas oublier en effet que Kobe fut, avant que James ne s'attaque un à un à ses records, le phénomène de précocité de l'histoire de la ligue. Il est d'ailleurs actuellement le plus jeune joueur de l'histoire à avoir atteint les 20 000pts et se classe actuellement en 12ème position des meilleurs scoreurs. Dans une ligue qui traditionnellement récompense les "big men", Kobe rejoint son modèle (même si son joueur préféré reste Magic) Michael Jordan en devenant le 2ème small guard à obtenir ce tire de MVP (Iverson, combo gaurd jouant aux positions 1 et 2, peut être classé également dans cette catégorie).

Les MVP par positions:

PG: Bob Cousy 1957 - Oscar Robertson 1964 - Magic 1987, 89 et 90 - Iverson 2001 - Nash 2005 et 06

SG: Michael Jordan 1988, 91, 92, 96 et 98 - Kobe Bryant 2008

SF: Julius Erving 1981 - Larry Bird 1984, 85 et 86

PF: Bob Pettit 1956 et 59 - Charles Barkley 1993 - Karl Malone 1997 et 99 - Tim Duncan 2002 et 03 - Kevin Garnett 2004 - Dirk Nowitzki 2007

C: Bill Russell 1958, 61, 62, 63 et 65 - Wilt Chamberlain 1960, 66, 67 et 68 - Wes Unseld 1969 - Willis Reed 1970 - Kareem Abdul-Jabbar 1971, 72, 74, 76, 77 et 80 - Dave Cowens 1973 - Bob McAdoo 1975 - Bill Walton 1978 - Moses Malone 1979, 82 et 83 - Hakeem Olajuwon 1994 - David Robinson 1995 - Shaquille O'Neal 2000.

Kobe enfin MVP. Oui c'est bien logique, mais malgré son talent incommensurable, il n'en demeure pas moins que selon les critères retenus par les journalistes nord-américains, c'est en toute logique pour moi qu'il ne l'obtienne que maintenant. D'ailleurs pour éviter la confusion, il serait peut-être intéressant d'élire un Best Player of the year, dont le vainqueur serait élu par ses pairs (coachs et joueurs). Quoiqu'il en soit, ce titre aussi prestigieux soit-il est avant tout honorifique et demeure bien fade à mes yeux comparé à un titre NBA, le seul et unique graal à convoiter.







Posté le 05.05.2008 à 15:17

La saison Euroleague 2007-08 s'est conclue hier soir sans surprise sur un nouveau titre du CSKA Moscou (91-77) aux dépens du Maccabi Tel-Aviv, son 6ème de l'histoire et le 2ème en 3 ans. Plutot que de sacrifier aux traditionnels résumés de matches, je vous propose un J'aime / J'aime pas, sorte de best/worst of de ces 3 jours madrilènes.

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J'ai aimé:

- la perf de Trajan Langdon, MVP de la finale: 21pts (6/7 dont 4/5 à 3pts et 5/6LF) 7rbs 1pd 2int 7fp (éval 33).

- le Final 4 de JR Holden. Si comme en NCAA, l'Euroleague choisissait un MOP pour récompenser le meilleur joueur de la finale à 4 et non un MVP désignant le joueur de la finale, l'arrière américano-russe aurait probablement remporté le trophée. Impressionnant des 2 côtés du terrain, que ce soit à la création ou à la finition en attaque et fantastique pot de colle en défense, le killer de la dernière finale du championnat d'Europe contre l'Espagne continue d'être clutch dans les grands moments, la marque des grands.

JR Holden toujours aussi clutch qu'à l'Euro

- Theodoros Papaloukas. A dégoûter tous les fanas de Top 10 NBA tant le meneur grec est à l'opposé des standards show time de la grande ligue US. Et pourtant quelle efficacité, quelle maîtrise! Ca va doucement, peut-être même encore moins vite que Bodiroga, mais avec lui c'est no stress, l'action finira toujours bien (bon ok faut oublier la 1ère mi-temps contre Vitoria).

- le début de finale du jeune Omri Casspi, meilleur marqueur de son équipe à la fin du 1er quart, le tout à 20 ans. S'il s'est éteint par la suite, il ne faut pas croire que c'était un coup de chance. L'ailier israëlien avait déjà montré tout son potentiel en 1/4 de finale contre le Barca, et notamment lors du match retour en Catalogne (18pts 10rbs 8fp pour 27 d'éval).

- la finale de Will Bynum. L'antithèse de Papaloukas mise tout sur ses jambes de feu mais manque cruellement de vista. Hier en revanche, pas grand chose à redire: 23pts (7/13 dont 2/5 à 3pts et 7/10LF) 2rbs 4pd 1int 9fp mais 5bp (tout de même).

Pour le plaisir son dunk génial en 1/4 de finale contre le Barca

- Ettore Messina. Laisser briller Bynum n'était-ce pas dans les plans du génial coach transalpin? En tout cas, les autres arrières du Maccabi ont eux complètement été étouffés (-7 d'éval pour Sharp, -4 pour Cummings, 2 pour Garcia, 10 pour Halperin).  Quatrième succès pour le stratège italien dans la compétition. La NBA finira t-elle par faire tomber l'ultime barrière que reprèsente l'accession au coaching d'un non-américain? S'il en faut un en tout cas, Messina paraît le mieux placé.

- Zvi Sherf. Le coach malheureux, 3ème défaite en finale, a failli réussir l'impossible. Qu'on ne s'y trompe pas, le Maccabi était en effet très loin du niveau de ses devanicères consacrées en 2004 et 2005. Jamais autant contesté dans son championnat, l'Equipe-Nation a également galéré toute la saison en Europe. On se rappelle notamment de la terrible défaite mancelle après une une dernière minute cauchemard pour Bogavac. Or depuis l'arrivée, devrais-je dire le retour, de l'ancien coach limougeaud en remplacement de Katash, l'équipe a su hausser son niveau de jeu en s'appuyant notamment sur le vertical Terence Morris mais aussi sur le jeune Omri Casspi.

- le match grandiose de l'ancien meneur gravelinois, Terrell McIntyre, en 1/2 finale contre le Maccabi: 26pts 7/15 dont 6/14 à 3pts et 6/6LF) 4rbs 5pd 6fp (éval 30). Alors que ses équipiers arrosaient de toutes parts derrière l'arc (5/29), il a jusqu'au bout tenu son équipe offensivement.

- le pendant défensif de McIntyre pour Sienne, le guerrier Shaun Stonerook. Le juger sur ses stats serait une grosse erreur car l'intérieur US apporte toutes ces petites choses qui ne se comptabilisent pas (écrans, aides défensives + un indéniable impact psychologique qui peut faire douter l'adversaire et en en tout cas donne le ton, le rythme à ses équipiers). D'ailleurs tant qu'il fut sur le terrain, l'attaque israëlienne balbutia son basket (seulement 8pts en 1er quart). Malheureusement handicapé par les fautes dès le 3ème quart, sa baisse de régime entraîna l'effondrement défensif de Sienne (59pts encaissés en 2ème mi-temps).

- les incrustations télé nous apportant des indications statistiques ou historiques en rapport avec la compétition, style Finales NBA. Exemple: quel joueur est le seul à avoir disputé 3 finales d'Euroleague avec 3 clubs différents? Réponse: Smodis avec le Kinder, le Skipper et donc Moscou.

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J'ai pas aimé:

- le fait que Sport+ diffuse le match en différé. Comment peuvent-ils reléguer un des 3 événements majeurs de basket de l'année (avec les NBA Finals et les JO) derrière un tournoi de golf (et c'était pas la Ryder Cup ou un Majeur)? Or j'ai besoin pour rentrer pleinement dans l'événement, pour avoir l'impression de participer, de le suivre en direct. Du coup j'ai dû me rabattre sur le net, faire mon deuil des commentaires du duo Cozette-Eddy, et suivre pour la 1ère fois de ma vie un game en version croate. Forcément ça gâche un peu. Merci sport+, la soit disante chaîne du basket en France...

- ne pas voir le Real dans ce dernier carré. Pas une question d'affinité (je suis plutôt Barca), mais si j'ai trouvé l'ambiance générale très agréable, j'ai tout de même regretté la grosse ambaince locale qu'on avait pu voir lors des derniers Final 4, que ce soit à Barcelone, à Tel-Aviv ou à Athènes.

L'énorme ambiance des supporters du Pana à Athènes l'année dernière

- la perf très médiocre de Siskauskas en finale. MVP de la saison, et MVP du dernier Final 4, le Pippen Balte a peiné à tenir son rang.

- Victor Khryapa. L'ancien Bull, de retour au bercail durant la 2ème partie de saison, n'a jamais réussi à trouver sa place. Ah si seulement il avait pu se louper comme ça en 1/4 de finale du dernier Euro...

- Nikola Vujcic, ou plutôt le fantôme de Vujcic. -2 d'éval en 1/2 contre Sienne et 4 en finale contre Moscou, l'ex meilleur joueur de l'équipe, n'a été que l'ombre de lui-même. Certes on ne l'attendait pas au top après une saison gâchée par les blessures, mais là pour le coup, c'est tout de même inquiétant.

- ne pas voir Kaukenas. Blessé à la mi-saison, le playmaker lituanien de l'équipe de Sienne a terriblement manqué à son équipe durant ce Final 4. Si les Italiens ont continué d'imposer leur style basé sur une défense très agressive engendrant de nombreuses interceptions et misant tout sur l'adresse longue distance en attaque, la faiblesse de leur rotation les a écarté d'une finale qui leur tendait les bras (+18 dans le 2ème quart de la 1/2 finale contre le Maccabi). Avec kaukenas, je suis persuadé que non seulement les champions italiens auraient écarté Tel-Aviv, mais qu'ils auraient aussi tenu tête aux moscovites.

- le comportement de Pigioni en 1/2. Le bouillant meneur argentin s'est sorti tout seul du match en contestant chaque décision arbitrale (certes pas mal d'erreurs dans cette 1/2 Vitoria-Moscou).

- les lancers francs de Splitter: 7/14 contre Moscou. Quand on sait que les basques ne s'inclinent au final que de 4pts (79-83), ça fait mal.

- la réalisation qui zappe systématiquement les cheerleaders (ai-je besoin de développer?)

 

Avant de se quitter les highlights de la finale:

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PS: Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo thomy





Posté le 28.04.2008 à 12:15

Quel est le plus beau match des NBA Finals de l'histoire? Il y a quelques mois, j'avais proposé ma sélection sur le forum basket4life. Je pense que ce post mérite un article ici, plus approfondi et avec illustration via Youtube en bonus.


J'ai choisi 3 matches old school qui m'ont fortement marqué (qualité et suspens pour les Finals 76 et 87, perf individuelle de Magic pour la finale 80) et 7 autres matches que j'ai suivi en direct à l'époque. Voici mes propositions classées par ordre chronologique:

Finals 1976, Game 5, Celtics-Suns. Equipe surprises des PO, les Suns sont à 2-2 avant ce 5ème match au Boston Garden. Boston domine et mène de 22pts mais Phoenix revient pour arracher la prolonagation. Il y en aura 3 au final et un des shoots les plus incroyables de l'histoire, celui de Garfield Heard qui arrache au buzzer la 3ème prolongation. Le résumé du match:

 

Finals 1980, Game 6, Sixers-Lakers. Les Lakers mènent 3-2 mais se déplacent au Spectrum de Phila sans Abdul-Jabbar blessé. Autant dire que tout le monde s'attend à une victoire des Sixers mais le rookie Magic réalise une des plus grandioses performances individuelles pour mener les siens à la victoire et au titre. Débutant au poste de pivot, il joue à tous les postes au cours de la partie pour finir sur des stats hallucinantes: 42pts 15rbs 7ass 3st. La dernière minute du match:

 


Finals 1987, Game 4, Celtics-Lakers. Les Lakers mènent 2-1 et tentent de faire le break dans l'antre de leurs meilleurs ennemis. Boston mènent le match mais les Lakers grignotent leur retard et Magic d'un bras roulé au-dessus de Parish et McHale réalise le hold-up. Les 30 dernières secondes du match:

Finals 1993, Game 3, Bulls-Suns. Les Bulls se sont imposés 2 fois à l'America West Arena et semblent sur la voie du sweep. Mais Phoenix et le MVP de la saison, Charles Barkley, refusent de rendre les armes et arrachent la victoire après 3 prolongations. Fin du temps reglementaire + les 3 prolongations. On peut y voir l'action devenue culte de Kevin Johnson piquant la balle dans les mains de Jordan sur la dernière possession du temps réglementaire et demandant temps mort avant de se raviser pour envoyer Majerle au lay-up en contre attaque. Mais les arbitres avaient validé le temps-mort, et donc refusé le panier, pas plus mal pour le suspens et la qualité de la rencontre au final:

Finals 1995, Game 1, Magic-Rockets. Le Magic de Shaq et Penny archi-dominent la rencontre mais Houston réalise un come back d'enfer pour revenir à 3pts à 10 secondes de la fin. L'ailier d'Orlando, Nick Anderson est envoyé sur la ligne des LF pour conclure le match. Il manque les 2 mais récupère le rebond. Faute à nouveau sur lui et 2 nouveaux lancers qu'il manque encore. Kenny Smith en profite et au buzzer arrache la prologation. Orlando vient de perdre le match mais aussi la série. La dernière minute 30 + la prolongation:

 



Finals 1997, Game 5, Jazz-Bulls. Menés 2-0, le Jazz a renversé la situation au Delta Center et semble même en mesure de prendre l'avantage car Jordan malade n'est pas sûr de pouvoir jouer en tous cas pas à 100%. Utah mène de 16pts d'ailleurs en début de match mais MJ serre les dents pour nous offrir un des ses plus beaux matches et redonner l'avantage aux Bulls dans la série.

 



Finals 1998, Game 6, Jazz-Bulls. Les Bulls mènent la sèrie 3-2 mais doivent aller chercher leur 6ème titre en 8 ans au Delta Center. Le match est serré, les Jazz mènent de 3pts à 40 secondes de la fin, mais MJ plus clutch que jamais, marque un lay-up puis pique le ballon dans les mains de Malone avant de finir le boulot en mettant au tapis Russell sur un dernier jump shot.

 



Finals 2000, Game 4, Pacers-Lakers. Les Lakers mènent 2-1 mais Indiana dans l'ambiance surchauffée du Conseco Fieldhouse résistent plus que prévu au favori californien. Ils sont même à portée de l'exploit quand le Shaq, plus dominateur que jamais, sort pour 6 fautes. Mais le jeune prodige, Kobe Bryant prend alors les choses en main et crucifie les vaillants Pacers au bout de la prolongation. La série vient de basculer. La fin de la prolongation: http://fr.youtube.com/watch?v=S1fI_kAkwgo


Finals 2001, Game 1, Lakers-Sixers. Ultras favoris, beaucoup pensent que les Lakers vont sweeper Phila qui a dû passer par 2 games 7 pour en arriver là. Mais AI, complètement hallucinant, réalise l'exploit de mener son équipe à la victoire sur le parquet du Staples Center après prolongation. Victoire sans lendemain certes mais quelle surprise. La prolongation: 1- http://fr.youtube.com/watch?v=QjqH0gcX4iQ  2- http://fr.youtube.com/watch?v=_RZ6XfCd0DQ


Finals 2005, Game 5, Pistons-Spurs. La série est à 2-2 après le réveil des Pistons dans leur salle. Les Spurs sont malmenés mais s'accrochent dans ce match charnière trouvant en Robert Horry l'homme providentiel. Hallucinant dans le 4ème quart temps, il rentre définitivement dans la légende (enfin il avait pas besoin de ça) avec une prolongation de folie dont le shoot de la gagne. Le résumé du show Horry:


Mon match préféré parmi ces 10 est le Jazz-Bulls 98. Pourquoi?
-parce que c'est un match à la mort, si les Bulls gagnent ils sont champions
-parce qu'il y a un suspens d'enfer jusquà la dernière seconde
-parce que Jordan réalise la perf la plus clutch de sa carrière à mon avis
-parce que c'est le dernier match de MJ sous les couleurs des Bulls et que c'est aussi la fin pour pour Pippen, Rodman et Phil Jackson à Windy City
-parce que du coup c'est la fin d'une époque et qu'après, on change de génération

Au final, sans doute pas le plus beau match intrinséquement (je dirais Celtics-Suns 76), ni la perf individuelle la plus aboutie (je dirais Magic 80), mais ce match me touche personnellement en m'évoquant une équipe (les Bulls donc) et une époque (les 90's) qui m'a fait bien plus kiffer (je parle de basket bien sûr) que les 2000's. Et puis je l'ai dit comment être plus clutch que ça offensivement et défensivement dans le match le plus important de la saison?

Le 11ème: j'avais pensé aussi à mettre un match de la série Rockets-Bulls 94, mais si j'ai été ultra passionné par cette série (bah oui j'étais à la fois fan des Kincks et des Bulls, étonnant je sais), le résultat final rend ce souvenir assez douloureux. Le game 6 reste un de mes pires moments de sport, j'ai eu du mal à m'en remettre. Un peu comme OM-Etoile Rouge en foot. J'ai encore du mal à regarder des images de ce match, mon coeur saigne encore (je sais c'est con). Au final, avec la série Bulls-Suns, c'est sans doute celle qui m'a le plus passionné (j'étais plus jeune aussi et du coup, je relativisais moins et ça prenait énormément de place dans ma vie), mais la conclusion était trop cruelle à mes yeux pour que je sélectionne ce match. Du coup comptez pas sur moi pour mettre la vidéo du shoot à 3pts de Starks pour le titre contré par Hakeem The Dream.







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